• hélène duquesnay

Mon fils a perdu sa toupie préférée.

Vous savez, l'une de ces toupies métalliques et colorées, étonnantes, qui se démontent et se remontent suivant les performances que les gamins souhaitent favoriser.

Plus rapide ? Plus puissante ? Plus agressive ? Plus stable ? Boulons, anneaux d'énergie, roues de fusion, axes de rotation ou pointes, tous ces éléments sont interchangeables et combinables à l'infini.

Ainsi, chaque enfant construit « sa » toupie, celle qui devient sa préférée, celle sur laquelle il peut compter, en toute circonstance, quel que soit l'adversaire.


C'est celle-ci qu'il a perdu : celle qu’il a équipé de la meilleure pointe de performance, des meilleures défenses, de l’attaque la plus puissante. Ce n’est plus « une » toupie, c’est LA toupie : celle qui a gagné tous les combats, infaillible, face à toutes les autres toupies de sa collection !

Mais pour l’instant, elle reste introuvable, malgré nos recherches quasi-quotidiennes.


L’ennui, c’est qu’il ne sait même plus exactement à quel moment il l’a égarée ; elle peut être aussi bien chez son père, que chez moi, ou chez l’une de ses grands-mères, ou dans l’une de nos voitures, ou chez un copain, ou même perdue dans l’un de nos jardins… Bref, c’est le mystère total.


Un après-midi où nous venons une fois de plus de retourner la maison de fond en comble pour la chercher, j’ai (enfin !) un éclair de génie : mais oui, bien sûr ! Je sais où se trouve la solution : dans le cerveau de mon fils, bien sûr ! Quelque part s'y trouve le souvenir de l'endroit où il a déposé sa toupie !

Je le lui dis en riant, il s’arrête net et me fixe, plein d’espoir : « Oh maman, s’il te plait, fais-moi une séance d’hypnose pour qu’on la retrouve ! ».


Ce qui est toujours chouette avec les enfants, c’est qu’ils entrent en état d'hypnose en une fraction de seconde, ils savent déjà à quel point c'est naturel et facile.

Trois respirations profondes et hop, la tête vacille, les yeux se ferment, le voilà parti, sourire béat aux lèvres et le corps complètement relâché.

J'applique les étapes habituelles du protocole, puis je m'adresse à cette part de lui plus inconsciente, l'une de celles que l'on croise dans ces voyages hypnotiques :

- Bonjour, partie inconsciente d’O., on aimerait beaucoup retrouver sa toupie, et comme tu sais où est rangé le souvenir de cet endroit, quelque part, dans l'ordinateur de sa mémoire, peux-tu sortir l'information et la transmettre à O., s'il te plait ?

Je vais compter jusqu’à 3, et à 3, tu lui dis, ok ?

1-2-3 !…

Je laisse passer quelques secondes, puis je vois passer un sourire sur les lèvres de mon fils, alors je reprends :

- Bien, mon grand, dans un instant je vais compter jusqu’à 3, et à 3, tu ouvriras les yeux tout en restant dans cet état, et puisque l'information t'es parvenue, tu te dirigeras directement vers l'emplacement, ou m'indiqueras comment m'y rendre, si ce n'est pas dans cette maison. 1-2-3 ! »

Il ouvre les yeux, se lève en titubant un peu, et je le suis jusque dans sa chambre.

Instantanément et sans la moindre hésitation, il se dirige alors dans un coin de la pièce, soulève la base spatiale Playmobil abandonnée là depuis plusieurs semaines, et découvre, sous la structure, sa toupie.

Nous sommes éberlués.

Je le sors de son état d'hypnose, puis nous éclatons de rire !


Bien sûr que je sais comment cela fonctionne, et pourtant, chaque jour pendant mes séances, et quel que soit l'objectif de chacune, je ne cesse de m'émerveiller devant le potentiel infini de notre cerveau.


Welcome to my world !

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