• hélène duquesnay

Burn-out

Quels que soient les mots, les références ou les métaphores utilisés par chacun d'entre nous sur la situation actuelle du monde, je crois qu'on est tous d'accord sur le fond : game over, la fête est finie, on a fichu un sacré bazar !


Est-ce la planète qui nous alerte de manière un peu plus vigoureuse que les fois précédentes ? Est-ce Dame Nature qui se fout en pétard, excédée par ces gamins insupportables et ingérables que nous sommes ? Est-ce un simple retour des choses, comme le cycle naturel de tout ce qui est dans l'univers, comme un équilibre parfait, que l'on retrouve en tout : blanc et noir, jour et nuit, ombre et lumière, vie et mort ?


A dire vrai, personne ne peut affirmer quoi que ce soit en la matière, mais ce qui est certain, et nous en sommes tous conscients, c'est que nous avons continué à foncer tête baissée droit dans nos certitudes et notre mauvaise foi, malgré les alarmes qui nous hurlaient d'arrêter si l'on voulait éviter de se manger le mur qui nous arrivait droit dessus.Alors, tout comme un corps épuisé refuse soudain de fonctionner après des années d'avertissements ignorés, l'humanité s'est figée, immobilisée de force par un burn-out général :

« Ok, les enfants, PAUSE. On respire, on se détend, et on reprend tout depuis le début ! »


On ne va pas se mentir, on le sait bien qu'on a déconné, on est tous là un peu penauds, on les voit, tous ces détails dans notre quotidien qui nous rappellent que oui, on aurait pu faire autrement, et depuis longtemps...

D'ailleurs, là, on est tous pétris de bonnes résolutions, chacun se découvre, ou se re-découvre lui-même, on réalise plein de choses, on prend conscience de ce qu'on veut vraiment et ce qu'on ne veut plus, on se dit qu'on va manger mieux, local, qu'on va passer plus de temps avec les enfants parce que quand même, un jour ils seront partis, qu'on va prendre soin de soi, qu'on va changer de boulot parce qu'en fait on n'en peut plus de ce job totalement superficiel, inutile et chronophage, on se dit que cette fois-ci, c'est décidé, on ne va garder que l'essentiel, et que si chacun fait la même chose, alors l'humanité sera guérie, ça c'est sûr !


Hum...Je ne sais pas vous, mais moi personnellement, quand je formule tout ça, j'y crois en moyenne pendant 37 secondes.

Oh ça, je suis pleine de bonnes intentions et hyper motivée... jusqu'à ce que je pense à ce p'tit haut repéré sur Amazon et fabriqué en Chine, à la ré-ouverture prochaine du Mac Do (les babines salivent !), à l'argent que j'ai économisé pour mon prochain voyage aux Seychelles, ah les Seychelles... Promesses de sable chaud, doux et fin comme de la farine, si blanc sous les cocotiers et les takamakas, d'eau turquoise et translucide miroitant au soleil, de plages paradisiaques, de rochers hollywoodiens tout en dégradé de rose, de tortues géantes, de randonnées extraordinaires à travers une végétation ancestrale, de Coco-Fesses malicieux… Je me laisse déjà bercer, envahir par la nature qui s'anime joyeusement dans la moiteur tropicale de ces petits matins du bout du monde ; le gazouillis si particulier des oiseaux multicolores, le bruissement des larges feuilles de bananiers, les couinements de satisfaction des adorables petits margouillats, aux pattes délicatement palmées comme celles des grenouilles...

Hé ho ! Fini de rêvasser, c'est terminé ça aussi : dans la nouvelle vie on ne prend plus l'avion, Madame !


Pfff... Et oui... Il faut bien le reconnaître, on n'est pas vraiment sorti des ronces.


Alors je me suis demandé ce qu'on allait réellement faire après ça.

Je me suis surtout demandé « comment » on allait faire : on n'a plus le choix, c'est entendu, mais on ne va pas s'arrêter de vivre, n'est-ce pas, et on ne va pas non plus retourner vivre dans des grottes et chasser le gibier, alors comment concilier l'ensemble, comment faire le tri entre ce qui est bon, juste et utile pour chacun et pour l'ensemble, et ce qui est délétère, comme à peu près tout ce qui a été créé par l'Homme depuis la nuit des temps ?


Qui pourrait nous aider à avancer et à y voir clair, sans menace ni reproche, sans jugement ni culpabilisation, sans punition ni haine (tout ce qui nous a menés là où nous sommes aujourd'hui, finalement...) ?

Je ne voyais pas franchement de solution, je culpabilisais, je me disais qu'on y arriverait jamais, qu'on était allés bien trop loin...


Et puis j'ai repensé à ce terme « burn-out ». Le mot ne cessait de rebondir, comme une balle de ping-pong, d'un bout à l'autre de mon crâne, comme s'il y avait quelque chose à découvrir au creux de ces étranges syllabes, et curieusement m'est venue cette question : mais au fait, comment ça marche, un burn-out ?


Lorsque vous demandez à ceux qui sont passés par là, tous vous répondent plus ou moins la même chose : « Mon corps savait. Depuis le début, il savait, il a toujours su. Mais j'ai refusé de l'écouter, ça ne m'arrangeait pas du tout, de l'entendre. Et puis je suis un homme - une femme -, enfin ! Un peu de volonté tout de même, et on n'en parle plus ; C'est qui le plus fort, moi ou mon corps, non mais alors ; Je vais le dompter un peu, celui-là, et on verra bien qui a raison ! Ca c'était juste avant le crash... »

Et toujours, ensuite, ces mêmes paroles : « Ce burn out m'a sauvé la vie. A partir de là, j'ai écouté mon corps, réellement, je savais quand il me disait Oui, et quand il me disait Non, et j'ai suivi le Oui, à chaque minute. Bien sûr ça a bouleversé 2-3 choses dans ma vie, mais au moins, j'ai trouvé quel était le bon chemin, celui avec lequel je suis heureux, apaisé, serein, joyeux. Vivant, enfin ! Et ça a rayonné sur mon entourage, sur ceux qui comptent vraiment, comme une vague de bien-être qui s'est répandue tout autour de moi. Ensuite tout était facile, tout s'est mis en place naturellement. Tant que je suis mon corps, je sais que tout va bien.»


Le corps...

Le corps !

Et si elle était là, la solution ? Et s'il suffisait de le suivre, de lui faire confiance, juste comme ça, pour voir où ça nous mène ? Après tout, qu'est-ce qu'on risque, et puis vous avez autre chose de prévu, vous, dans les semaines à venir ?


Jusqu'ici, l'Homme a toujours agi en fonction de son « savoir », de sa « connaissance », de son « intelligence humaine », de sa « volonté », mais force est de constater que nous ne les avons, au mieux, fortement surestimés, au pire, utilisés à très mauvais bon escient (c'est bien le moins que l'on puisse dire !). En effet, nous avons toujours considéré que grâce à ces fonctions humaines si particulières nous étions des êtres supérieurs à l'ensemble de tout ce qui existait à l'état naturel, et de fait, nous avons totalement nié le fait que nous ne formions qu'un avec le reste de l'univers.


Pourtant, au regard de ces expériences de burn-out, nous constatons que, d'une certaine manière, c'est un peu comme si le corps, lui, n'avait jamais cessé d'être en lien direct avec les lois universelles de la Nature, comme s'il était toujours resté « connecté » à Elle, quoi que son propriétaire décide de penser ou d'agir. Un peu comme un GPS qui retrouve toujours sa route, quelles que soient les erreurs de trajectoire du conducteur, il n'a cessé de veiller sur chacun d'entre nous, de nous montrer la voie.


Et si l'on reprenait tout à zéro, mais à partir du corps, cette fois-ci ?Bien sûr, cela semble un peu compliqué, alambiqué, « j'ai autre chose à faire, moi, Madame », et puis on ne sait pas trop comment faire, on ne l'a jamais écouté, faut bien l'admettre. Suivre le Oui de son corps, mais qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ?!

Pourtant les tous jeunes enfants, eux, savent très bien le faire ! Ils savent que le corps ne se trompe jamais, et que dès lors qu'il se crispe c'est qu'il nous dit « Non ! , ce chemin n'est pas le bon, il faut en choisir un autre. » Ils savent reconnaître son « Oui » : dans une respiration qui s'apaise, un muscle qui se détend, un nœud qui se défait dans le ventre, une tension musculaire qui disparaît. Dans un sourire qui illumine, une insouciance dans le regard, une fossette qui apparaît, dans un éclat de rire... D'ailleurs au tout début, bien avant les peurs et les différences, bien avant les regards et les jugements, bien avant les pourquois et les comments, il n'y a que le corps, et une confiance absolue en ce qu'il nous transmet comme informations.


Et si le temps était venu pour nous aussi de lui faire confiance, et de s'apercevoir que dès lors qu'on lui fait confiance, et que l'on suit ce Oui, alors tout le reste se met en place naturellement ? Tout le reste se met en place Nature-llement.Car c'est ainsi que cela fonctionne dans l'univers, et l'Homme est bien le seul à croire qu'il doit se fier à son « intelligence humaine », là où le reste du monde se marre de notre naïveté et de notre bêtise : la Vie n'a pas attendu l'intelligence humaine pour fonctionner, en revanche, l'intelligence humaine ferait bien de se mettre, enfin, au service de la Vie, vous ne trouvez pas ?


Une fois encore, je me suis demandée comment faire pour parvenir à papoter avec notre corps, pour entendre ses messages et tenter de suivre son « Oui », nous aussi.J'ai réalisé qu'au fond, ce burn out généralisé de l'humanité, c'était un peu comme si on était retombés en enfance finalement, comme un retour aux origines, là où tout est essentiel, simple, évident, là où le mental, le savoir, la connaissance ou la volonté n'ont pas la priorité, là où peut-être, comme le font les tout-petits, il est bien plus facile d'écouter les messages de notre corps.

Je me suis dit : « maintenant que nous y sommes, et si on en profitait un peu pour s'amuser avec des idées, pour voir un peu comment réagit notre corps et s'habituer à l'écouter lorsqu'il s'adresse à nous ? »


Alors pour celles et ceux qui le souhaitent, je vous propose, chaque jour, de jouer avec une idée différente, avec une question différente, et de voir où elles vous mènent. Il s'agit juste de « faire comme si », comme quand on était gamins et qu'avec un simple bout de bois tout devenait possible.

Ce sont des questions qui mèneront tout droit à l'intérieur de soi-même, et une fois qu'on y sera, alors on pourra contempler, s'y poser, s'y reposer et s'y pauser encore, ça tombe bien d'ailleurs, on a un peu de temps devant nous ! Peut-être même que nous nous émerveillerons de voir comme tout est simple et joli à cet endroit, bien plus qu'on n'aurait osé l'imaginer. Et si tous les possibles étaient là, à cet endroit, disponibles, attendant d'être téléchargés, et qu'il suffisait juste de faire son choix ?


Mais attention : comme dans n'importe quel jeu, il y aura quelques règles à respecter !

A très vite !


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